La collection


S’il a privilégié la mise en place d’expositions emblématiques, le musée des impressionnismes Giverny a aussi développé une politique d’acquisitions. Encore modeste, elle est strictement liée à ses missions et soutenue essentiellement par la générosité de ses donateurs.


La naissance d’une collection

Dès l'ouverture du musée en 2009, l'acquisition d'un dessin de Pierre Bonnard représentant Marthe Bonnard et Claude Monet dans la salle à manger du Pressoir à Giverny affirmait sa volonté de constituer une collection. À la suite de l’exposition Maximilien Luce néo-impressionniste. Une rétrospective, présentée en 2010, Dominique Ledebt, dont la famille fut liée à celle de Luce à Rolleboise, a offert deux œuvres importantes du peintre au musée : La Briqueterie et L’Île à Bois, Kermouster, Lézardrieux.

L’exposition Maurice Denis, L'Éternel Printemps en 2012 fut également l’occasion d’enrichir la collection. Claire Denis a offert au musée le tableau Soleil blanc sur les blés, mais aussi un rare portrait de Claude Monet, tous deux réalisés par son grand-père. Le musée a complété ces dons par l’achat de l’œuvre Reflet de soleil sur la rivière.


Le nihonga, une collection exceptionnelle à Giverny

Dans le cadre de l’exposition Hiramatsu, le bassin aux Nymphéas. Hommage à Monet en 2013, un grand nombre d’œuvres de Hiramatsu Reiji, peintre japonais contemporain utilisant la technique traditionnelle du nihonga, entrèrent dans la collection du musée. Vingt-deux peintures et trois paravents ont été achetés en 2013, suivis de deux paravents en 2014. Ces acquisitions ont été suivies d'un important don de Hiramatsu en 2014, constitué de vingt-six œuvres sur papier et deux carnets de croquis.


Un fonds photographique conséquent

Soixante photographies de Bernard Plossu consacrées au jardin et à la maison de Claude Monet ont été achetées en 2012, complétant un fonds où ils ont rejoint de précieux tirages d'Olivier Mériel (achat de trois épreuves et don de deux tirages en 2010) ainsi qu’un tirage d'André Ostier représentant le peintre Marc Chagall près de l'étang aux nymphéas en 1963 (don d’Adrien Ostier et d'Anne Ostier en 2012). En 2016, cette collection de photographies s’est encore enrichie d’une nouvelle œuvre donnée par Bernard Plossu Autoportrait, Giverny, tirage exécuté à l'occasion de la préparation de l'exposition Photographier les jardins de Monet. Cinq regards contemporains et d'un ensemble de trois photogrammes, Vibrations - Giverny (4-5 novembre 2014), donnés par le sculpteur, photographe et vidéaste Henri Foucault, qui a lui aussi participé à cette exposition.


Un nouvel élan

Depuis 2 ans, le musée revendique plus que jamais sa volonté d'affirmer l'ampleur muséale de sa collection impressionniste.

Elle s'est enrichie tout d’abord d'un important projet de décor peint par Gustave Caillebotte. Acquis grâce à une souscription publique à laquelle se sont ajoutés le mécénat de plusieurs entreprises régionales et l'aide de la toute jeune Société des amis du musée, les quatre panneaux peints par Caillebotte, Parterre de marguerites, ont fait une entrée remarquée dans les collections. Il s'agit d'un ambitieux projet de décoration entrepris en 1893 pour la salle à manger de la maison que l'artiste avait fait construire au Petit Gennevilliers.

Plus récemment, deux paysages de John Leslie Breck peints entre 1887 et 1891, L'Epte, Giverny et La Ferme, ont été très généreusement offerts au musée par la Terra Foundation for American Art. Ils retrouvent ainsi le lieu qui les a inspirés et rappellent au visiteur que Breck, pionnier de l'importante colonie de peintres américains qui s'est constituée autour de Claude Monet, fut un des premiers à séjourner à Giverny.

Enfin, en décembre 2016, Charlotte Hellman, arrière-petite-fille de Paul Signac a offert en mémoire de sa mère Françoise Cachin, ancien directeur des musées de France, un rare et important dessin de son aïeul, Barfleur. C'est le carton préparatoire, exécuté au lavis d'encre de Chine, pour le tableau éponyme peint en 1931 aujourd'hui conservé dans une collection particulière japonaise.

Rappelons que, depuis sa création, le musée des impressionnismes Giverny bénéficie aussi de plusieurs dépôts accordés par le Frac Normandie Rouen (Joan Mitchell, La Grande Vallée, 1983-1984), Dominique Ledebt (un ensemble de sept tableaux de Maximilien Luce), Philippe Piguet ou le village de Giverny (Blanche Hoschedé-Monet, Lupins et Pavots, et Frederick MacMonnies, L’Abbé Toussaint).


Accrochage Autour de Claude Monet

Les premières acquisitions du musée ont été présentées, entre 2012 et 2017, au sein d’un accrochage intitulé Autour de Claude Monet, rendu cohérent par les prêts consentis par le musée d’Orsay et la Fondation Terra. En complément des expositions et en hommage à Claude Monet, cet accrochage illustrait son influence sur ses contemporains et les générations qui lui ont succédé. Des œuvres de Maurice Denis, de Hiramatsu Reiji ou encore de Joan Mitchell côtoyaient celles de Monet, soulignant ainsi son impact en France comme à l’étranger.


Accrochage Hiramatsu à Giverny

En 2018, Autour de Claude Monet fait place à un nouvel accrochage. En écho à l’exposition Japonismes / Impressionnismes, organisée pour célébrer le 150e anniversaire des débuts de l'ère Meiji, consacrant l'ouverture des relations diplomatiques entre le Japon et l'Occident, le musée présente un accrochage autour des œuvres de Hiramatsu Reiji. Cet artiste contemporain japonais, admire Claude Monet. Il a peint toiles et paravents, réalisés avec la technique traditionnelle japonaise appelée nihonga, qui montrent l’influence de son maître.

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