Le nihonga est un style de peinture traditionnelle pratiqué au Japon, entre permanence des techniques, et renouveau des sujets.

Un terme récent, une tradition millénaire

Le terme nihonga fut inventé dans les années 1880, pendant l’ère Meiji, pour distinguer la peinture pratiquée traditionnellement au Japon des techniques venues d’Occident, telles que la peinture à l’huile et l’aquarelle. Il signifie tout simplement « peinture japonaise ». Pour les intellectuels à l’origine de la création de ce mot, il s’agissait de mettre en valeur et de protéger un héritage artistique millénaire, face à la fascination de leurs contemporains pour la peinture occidentale.

A partir de la fin du XIXe siècle, à travers l’enseignement artistique et les expositions, les peintres issus des écoles stylistiques structurant la peinture japonaise s’influencèrent mutuellement et mêlèrent leurs traditions, sans se fermer complètement aux nouveautés de l’art occidental. Ils donnèrent ainsi naissance au nihonga contemporain, aux sujets infiniment variés, et dont les techniques et les sensibilités continuent d’évoluer.

Des matériaux précieux

La pratique du nihonga est exigeante, et demande beaucoup de temps et de patience. Les deux supports principaux sont la soie et le papier. Le peintre travaille en atelier, sur une surface posée à plat. Il prépare lui-même ses couleurs dans de petits récipients de porcelaine. Elles sont formées d’un mélange de pigment en poudre et de colle animale, délayé d’un peu d’eau. 

Les pigments sont d’origine naturelle : azurite et lapis-lazuli pour les bleus, malachite pour les verts, corail et carmin pour certains rouges. Les ocres, à base d’argile, sont également très présents. La nacre de coquillage est utilisée pour le blanc, de même que le mica, qui donne une poudre brillante. Aujourd’hui, il existe aussi des pigments artificiels de qualité, plus abordables, qui sont utilisés par les amateurs.

La colle animale qui permet de fixer le pigment au support est fabriquée à partir d’os, de tendons et d’intestins de bœuf. Elle se présente sous forme de bâtonnets et de feuilles qui doivent être dilués dans l’eau pendant plusieurs heures pour obtenir une solution qui est ensuite chauffée et filtrée.

Des feuilles d’or, d’argent et de platine peuvent être appliquée sur le support ou la couche picturale. Elles sont utilisées entières, en petits morceaux ou encore réduites en une poudre qui sera délicatement dispersée sur l’œuvre.

L’artiste applique la peinture avec des brosses et pinceaux aux formes variées. Les différentes couleurs ne peuvent pas être mélangées ensemble. Le peintre les superpose en fines couches, jusqu’à obtenir la nuance voulue. Aucun vernis ne recouvre l’œuvre achevée, dont l’aspect mat peut être relevé du brillant de la feuille d’or et du mica.

Le musée des impressionnismes Giverny possède plusieurs œuvres du peintre japonais Hiramatsu Reiji, réalisées avec les techniques du nihonga.

Visuel :
Hiramatsu Reiji, Reflets de nuages dorés sur l’étang, 2011
Nihonga, 80,3 x 116,7 cm. Giverny, musée des impressionnismes
© Hiramatsu Reiji © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Guillaume Onimus