Édouard Dantan

Édouard Dantan
(Paris, 1848-Villerville, 1897)
Plate à Villerville, marée basse, 1881

Édouard Dantan, peintre reconnu au Salon

Édouard Dantan est fils du sculpteur Antoine Dantan et neveu du caricaturiste Jean-Pierre Dantan, deux célèbres artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. Édouard effectue sa formation auprès d’Henri Lehman et envoie régulièrement ses œuvres au Salon où il est remarqué très jeune. En 1874, il reçoit ainsi la médaille de troisième classe et ses peintures entrent dans les collections de musées, comme celui de Nantes avec Un Moine sculpteur sur bois. Il représente surtout des ateliers d’artistes et exécute de nombreux portraits.

Édouard Dantan, Plate à Villerville, marée basse
Édouard Dantan
Plate à Villerville, marée basse, 1881
Huile sur panneau, 39 x 19,5 cm
Signé, localisé et daté en bas à droite : E. Dantan Villerville 1881
Giverny, musée des impressionnismes, MDIG 2019.5
© Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset

L’influence de Camille Corot et de Claude Monet

En 1881, il s’installe l’été à Villerville, près de Trouville. Dès lors, il peint régulièrement la plage et l’activité maritime. Plate à Villerville, marée basse date de son installation dans le village. Il reste influencé par l’œuvre de Camille Corot et surtout de Claude Monet. Le bateau, une plate, destiné à circuler facilement le long de l’estuaire de la Seine, est vu comme en plongée, dressant ses mats vides de voile. On distingue à peine le marin dans son navire. La marée basse, le ciel éteint, la déclinaison des camaïeux gris et verts, l‘aspect japonisant du paysage vertical serré donnent une vision d’instantané que n’auraient pas renié les impressionnistes.

Eugène Boudin

Eugène Boudin (Honfleur, 1824-Deauville, 1898)
Deauville, le bassin, 1884

Eugène Boudin, peintre de plein air

Peintre de marines et des « ciels », Eugène Boudin incarne à lui seul un site : la Normandie balnéaire, autour de Deauville et de Trouville. Inlassable observateur de la vie de plage de la fin du XIXe siècle, il représente la peinture de plein air. Proche de Claude Monet, à qui il préconisera d’étudier sur le motif, Boudin traduit dans ses œuvres l’animation qui agite les petits ports de la côte. Il s’attache à noter les variations atmosphériques, les déclinaisons de la lumière selon les saisons, mais aussi les sorties de voiliers en mer et la vie mondaine sur la plage où se donne rendez-vous l’élite qui vient se reposer et jouir des bains de mer.

Eugène Boudin, Deauville, le bassin
Eugène Boudin
Deauville, le bassin, 1884
Huile sur panneau, 46,5 x 38 cm
Signé et daté en bas à gauche : E. Boudin. 84
Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité du Cercle des mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Caisse d’Épargne Normandie, et de Quadra Consultants en 2020, MDIG 2020.1© Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset

La représentation de Deauville

Deauville, le bassin appartient à une série que Boudin réalise dans les années 1880 autour des bassins de Deauville, de Fécamp, de Honfleur ou de Trouville. Dans cette œuvre, il joue sur le contraste entre le mât imposant du voilier au port et l’immensité du ciel. La vue est prise au niveau de l’eau. La perspective est structurée par de grandes lignes horizontales et verticales. Extraordinaire, une trouée lumineuse à gauche éclaire toute la scène qui reprend vie à coups de rapides touches de pinceaux.

Jean Francis Auburtin

Jean Francis Auburtin (1866-1930)
Les Falaises de Dieppe, s.d.

Jean Francis Auburtin, un paysagiste influencé par Claude Monet

Le musée des impressionnismes Giverny vient d’acquérir trois œuvres de Jean Francis Auburtin. Ces gouaches et pastels représentent des vues souvent peintes par l’artiste dans les années 1890. Partant sur les traces de Claude Monet, Auburtin s’est inspiré des sites majestueux de Varengeville et Dieppe pour en saisir l’intemporalité. Brillant décorateur, Auburtin fut aussi un paysagiste sensible à l’immensité. Ses paysages confrontent souvent la mer et les falaises, où la fragilité humaine n’en est que plus visible. Symboliste, son œuvre atteste de ses recherches d’un idéal spirituel qui unit les atmosphères célestes aux tourments de la mer.

Jean Francis Auburtin, Les Falaises de Dieppe
Jean Francis Auburtin
Les Falaises de Dieppe, s.d.
Gouache et pastel sur papier. 25 x 71,5 cm. Giverny, musée des impressionnismes, achat en 2020. Inv. : MDIG 2020.4.3
© Tous droits réservés

Enrichissement de la collection du musée

Ces trois œuvres viennent compléter les deux autres peintures de l’artiste, généreusement données en 2019 au musée des impressionnismes Giverny par les descendants du peintre. Elles étoffent le fonds du musée, développent un cabinet d’arts graphiques et renforcent l’ensemble des œuvres d’Auburtin, auquel le musée a consacré une exposition, « Monet – Auburtin. Une rencontre artistique » du 22 mars au 14 juillet 2019.

Ker-Xavier Roussel

Ker-Xavier Roussel
(Lorry-lès-Metz, 1867-L’Étang-la-Ville, 1944)
Satyre debout et nymphe étendue au bord d’une rivière (détail), vers 1914?

Un ensemble de 10 lithographies acquis aux enchères

Durant l’été 2020, le musée des impressionnismes Giverny a acquis aux enchères un ensemble significatif d’estampes de Ker-Xavier Roussel (1867-1944). Ce groupe permet de représenter les différentes étapes de la carrière de ce peintre, graveur, décorateur et illustrateur, beau-frère- d’Édouard Vuillard. Depuis sa période « nabi » jusqu’à sa maturité, ces gravures témoignent du goût de Roussel pour les sujets mythologiques et les jardins. Issues pour les plus spectaculaires d’entre elles des Éditions Ambroise Vollard (1898), elles rappellent l’influence de Maurice Denis, Édouard Vuillard et Pierre Bonnard sur Roussel.

Ker-Xavier Roussel, Satyre debout et nymphe étendue au bord d’une rivière
Ker-Xavier Roussel
Satyre debout et nymphe étendue au bord d’une rivière (détail), vers 1914?
Eau-forte tirée en sanguine sur vergé, 14,5 x 18,5 cm. Signé au crayon en bas à droite : K. X. Roussel. Giverny, musée des impressionnismes Giverny, achat en 2020. Inv. : MDIG 2020.5.4.5
© Giverny, musée des impressionnismes

Une exposition consacrée à Ker-Xavier Roussel

Son art délicat fut célébré au musée des impressionnismes Giverny par une exposition majeure, « Ker-Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé » (27 juillet-11 novembre 2019). Ces lithographies seront présentées dans les galeries du musée au printemps 2021.

Giuseppe Penone

Giuseppe Penone (né en 1947, Garessio, Italie)
Fils d’eau (détail), 1998

Un dialogue entre l’art contemporain et le jardin du musée

Grâce au dépôt généreux de la collection Claudine et Jean-Marc Salomon, une œuvre importante de Giuseppe Penone vient enrichir la collection du musée des impressionnismes Giverny. Placée à l’entrée de l’établissement, en face d’un poirier centenaire, Fils d’eau permet d’évoquer un nouveau dialogue entre l’art contemporain et le jardin du musée par une représentation majeure de l’artiste italien.

Giuseppe Penone, Fils d’eau
Giuseppe Penone
Fils d’eau (détail), 1998
Bronze, 410 x 320 x 350 cm
Collection Claudine et Jean-Marc Salomon, France, en dépôt au musée des impressionnismes Giverny, 2020, MDIG D 2020.3
© Collection Claudine et Jean-Marc Salomon, France / photo : Aurélien Papa © Paris, ADAGP, 2020

Un art associant matière vivante et bronze

Penone, proche de l’arte povera des années 1960, est un artiste essentiel qui questionne le rapport de l’homme avec son environnement. Il sculpte la matière vivante, notamment les troncs d’arbres, et les associe à des moulages de bronze où l’art se confond avec la vie. Fils d’eau se lit ainsi comme une allégorie du cycle de la nature, notamment par le goutte à goutte de l’eau qui s’écoule de la branche, et tisse un lien avec un chêne vivant qui vient s’enrouler sur l’écorce creuse du bronze. Avec cette sculpture majestueuse, le musée poursuit son invitation à des artistes contemporains et interroge le public sur le processus créateur.

Installation de “Fils d’eau” de Giuseppe Penone dans le jardin du musée