Maurice Denis fut l’un des initiateurs du mouvement nabi et son théoricien.

Le « Nabi aux belles icônes »

Entré à l’académie Julian en 1888, Maurice Denis y fait la connaissance de Paul Sécuriser, Pierre Bonnard et Paul Ranson, avec lesquels il forme le groupe des Nabis. Ses camarades du lycée Condorcet, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel, les rejoindront bientôt. Pour son admiration des Primitifs italiens, Denis est surnommé le « Nabi aux belles icônes ». 

Denis s’impose rapidement comme le théoricien du groupe. En 1890, il publie dans le journal Art et critique un article contenant sa célèbre formule « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées », qui définit les recherches nabies et semble annoncer les avant-gardes du XXe siècle.

En 1893, il épouse Marthe Meunier, dont il aura sept enfants. Véritable muse de l’artiste, on la reconnaît aussi bien dans les œuvres religieuses, où elle prête ses traits aux saintes femmes de la Bible, que dans les scènes de bonheur familial, à Saint-Germain-en-Laye ou sur les plages de la côte bretonne.

Au tournant du siècle, les audaces décoratives des années nabies cèdent la place à un nouveau classicisme, caractérisé par l’importance accordée au dessin, la rigueur de la composition et la restriction de la palette.

Décors profanes et décors religieux

Persuadé, comme tous ses amis nabis, de l’importance de la question décorative, Denis est l’auteur de cycle décoratifs majeurs, aussi bien religieux que profanes. Entre 1894 et 1899, il crée trois plafonds pour la résidence du compositeur Ernest Chausson. Ivan Morosov, l’un des plus grands collectionneurs d’art moderne en Russie, lui commande un décor pour son appartement de Moscou, en 1908. Denis se voit aussi confier des projets pour des édifices publics et religieux, comme la chapelle du collège Sainte-Croix du Vésinet, en 1899 et la coupole du théâtre des Champs-Elysées, inauguré en 1913.

En 1919, Denis, dont la foi chrétienne imprègne toute l’œuvre, fonde avec le peintre George Desvallières les Ateliers d’Art sacré. Leur ambition est de renouveler l’art chrétien. 

Dans l’entre-deux-guerres, Denis travaille en marge des avant-gardes, et demeure un décorateur recherché. En 1928, il achève le décor de l’ancienne chapelle d’un hôpital de Saint-Germain-en-Laye, datant de la fin du XVIIe siècle, qu’il avait acquis en 1914, rebaptisé Le Prieuré et choisit comme résidence. Le bâtiment abrite aujourd’hui le musée départemental Maurice Denis.