L’œuvre de Gustave Caillebotte, longtemps éclipsée par son rôle de mécène, révèle un artiste singulier, inspiré par la ville moderne et le jardin qu’il avait créé.

Peintre du Paris haussmannien

Gustave Caillebotte se forme à la peinture dans l’atelier de Léon Bonnat et passe avec succès l’examen d’entrée à l’école des Beaux-Arts. Son père, Martial Caillebotte, meurt en 1874, lui laissant une fortune confortable. 

Après le refus de son tableau Les Raboteurs de parquet par le jury du Salon, Caillebotte se rapproche des impressionnistes et se joint à la deuxième exposition du groupe, en 1876. La même année, son frère René s’éteint à l’âge de 26 ans. Gustave rédige alors son testament et prend des dispositions afin de léguer à l’État la collection de tableaux impressionnistes qu’il a commencé à rassembler.  Ses achats réguliers auprès de ses amis constituent un soutien financier important pour ceux qui, comme Claude Monet, Camille Pissarro et Alfred Sisley, ne peuvent compter sur une fortune familiale.

Paris est alors un vaste chantier. Caillebotte, qui vit dans le quartier neuf de la gare Saint-Lazare, se plaît à souligner les perspectives de la ville moderne, parfois depuis les balcons qui courent le long des façades haussmanniennes.

Le jardin du Petit Gennevilliers

Caillebotte est un passionné de yachting. En 1881, il fait l’acquisition d’une propriété au Petit Gennevilliers, sur les rives du bassin d’Argenteuil, haut lieu de la navigation de plaisance de l’époque. Il y crée un jardin qui, progressivement, prend une place prédominante dans son œuvre. Comme son ami Claude Monet, quelques années plus tard, il s’inspire de cet univers végétal pour imaginer de grands décors, tel son Parterre de marguerites, resté inachevé.

Son décès en 1894, à l’âge de quarante-cinq ans, interrompt le développement d’une œuvre en pleine évolution et le retentissement du legs Caillebotte ne tarde pas à faire oublier la profonde originalité de l’artiste.

Le scandale du legs Caillebotte

Après la mort de Caillebotte, son frère Martial et Auguste Renoir, son exécuteur testamentaire, informent les autorités du legs qu’il a institué : plus de soixante chefs-d’œuvre de l’impressionnisme. Les autorités hésitent. Après deux années de négociations, quarante œuvres sont acceptées et exposées dans une annexe du musée du Luxembourg où elles font scandale. L’impressionnisme était encore loin d’être pleinement apprécié. La collection se trouve aujourd’hui au musée d’Orsay. On y trouve, entre autres toiles exceptionnelles, Le Balcon de Manet, le Bal du moulin de la Galette de Renoir, la Gare Saint-Lazare et les Régates à Argenteuil de Monet.