Gustave Caillebotte (1848-1894)
Parterre de marguerites, vers 1893
Huile sur toile, 100 x 50,3 cm (chaque panneau) (quatre panneaux décoratifs)
Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité de la Caisse des Dépôts, de la Caisse d’Épargne Normandie, de SNCF Réseau, de la Société des amis du musée des impressionnismes Giverny et d’une souscription publique, en 2016
Inv. : MDIG 2016.2.1 à 4

Gustave Caillebotte, Parterre de marguerites

Gustave Caillebotte, peintre et jardinier

Comme son ami Claude Monet, le peintre impressionniste Gustave Caillebotte était un passionné de fleurs. Autour de sa propriété du Petit Gennevilliers, en bordure de la Seine, il avait créé un magnifique jardin, dont il s’inspira pour de nombreuses toiles, ainsi que pour un étonnant projet de décoration destiné à sa salle à manger. Ce vaste décor peint comprenait des portes ornées d’orchidées, deux panneaux consacrés aux capucines et une longue toile. Celle-ci avait été conçue pour s’étendre de la cimaise au plafond et évoquait un vaste parterre de marguerites. La toile inachevée fut pliée et oubliée après le décès de l’artiste en 1894, avant d’être redécouverte il y a une dizaine d’années par sa famille. Le Comité Caillebotte choisit alors d’en sauvegarder les parties les plus achevées et les mieux conservées en les découpant sous forme de quatre panneaux.

Une tapisserie végétale et mouvante

Brossées à touches vives et énergiques, les marguerites se détachent sur un fond vert qui évoque hâtivement, sans le décrire, leur feuillage. Savamment organisée, la répétition des motifs rythme la composition. L’effet ainsi obtenu est particulièrement vivant et ressemble à une vaste tapisserie végétale et mouvante.

Ce choix du motif des marguerites poussant au milieu de l’herbe, évoque la tradition japonaise, que les artistes français découvrent dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les fleurs éparpillées sur la surface de la toile, vivantes plutôt que coupées, évoquent certains chefs d’oeuvres de la peinture japonaise, peints sur des paravents et des cloisons coulissantes.

La modernité de ce décor végétal foisonnant n’avait certainement pas échappé à Claude Monet. Quelques années après le décès de son ami, Monet entreprit le grand projet de décoration des Nymphéas présenté aujourd’hui à l’Orangerie et dont le Parterre de marguerites annonce déjà l’audace dans la représentation de la nature.